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Aujourd’hui, nous restons sagement avec notre groupe. Le matin, programme très classique : la Place Rouge et le Kremlin. La Place Rouge est partiellement fermée, pour cause de démontage des installations pour la grande fête de la veille au soir. Il paraît que même Poutine était là. Le Kremlin n’a pas changé depuis notre précédente visite, avec ses multiples églises, ses innombrables bulbes dorés, ses remparts rouges, ses canons napoléoniens, son tsar des canons qui n’a jamais tiré et sa tsarine des cloches qui n’a jamais sonné. Yan les pousse très gentiment, mais résolument, sur la voie de la sagesse, celle du rapatriement sanitaire. Après le repas, il appelle un taxi et les conduit à l’hôpital où les attend un médecin francophone et où elles seront prises en charge par leur compagnie d’assurances. On apprendra, quand Yan nous rejoindra, que l’état de santé de Colette était plus sérieux qu’elle ne le laissait paraître, sans doute des suites du voyage en avion, qu’elle prenait pour la première fois. Quel dommage qu’un tel voyage, prévu pour donner du plaisir, se transforme en une telle galère. Tout cela aurait-il pu être évité ? Je pense que l’agence de voyage aurait pu prévenir davantage des difficultés d’un tel voyage. Ces dames s’étaient pourtant rendues à une des réunions de préparation… J’ai la gorge serrée quand elles montent dans le taxi ; je ne pense pas être la seule. Elles m’ont laissé leur adresse : nous leur enverrons des cartes postales de nos prochaines escales. Nous repartons de notre côté, à bord
de notre minibus, pour un grand tour de ville. Nous arrêtons un
moment dans les jardins du monastère du Novodievitchi, puis nous
allons nous promener dans le cimetière tout proche, qui abrite
plusieurs personnages connus. Curieux endroit pour une promenade ? C’est
en réalité un jardin à l’atmosphère
paisible, avec de grands arbres, pleins de fleurs et d’herbes
folles. Beaucoup de tombes sont spectaculaires, les russes ont décidément
depuis fort longtemps un sens aigu de la mise en scène monumentale.
Ensuite, visite obligatoire dans une boutique « officielle »
de souvenirs : j’ai de beaucoup préféré ceux
que j’ai vus au marché, hier matin. En fin d’après-midi,
nous allons manger dans un restaurant proche de la Cathédrale
Saint Sauveur, où nous retrouvons notre Yan. Le bâtiment de la gare est magnifique, mais les quais où notre train est attendu sont un peu en retrait et à ciel ouvert. Le Transsibérien Moscou-Vladivostok n°2 est prévu pour 21 heures 20 : encore une bonne heure d’attente, le temps de faire quelques dernières provisions : de l’eau et du pain. Par sécurité, nous faisons cercle autour de nos bagages (technique dite de la tortue) à tout de rôle, pendant que les autres vont faire leurs courses. Un autre groupe de Français se prépare à prendre le même train. On m’a appris que ce n’est pas bien de se fier à l’apparence, mais, instinctivement, je n’aime pas leurs têtes. Catherine et Micha viennent nous dire un dernier au revoir
; à ce moment, une légère et furtive averse vient
brièvement verser quelques larmes sur notre séparation.
Ils amènent encore des cadeaux pour nous et les enfants : ils
sont vraiment adorables. J’espère que Catherine pourra
bientôt venir nous voir à Pechbonnieu, peut-être
même avec Micha. Après, s’ils ont un bébé,
ce sera encore plus difficile. Notre train arrive au quai n°3, nous
serons dans la voiture n°9 et nous occuperons à deux le compartiment
avec les couchettes n°13 à 16. Nous prenons possession de nos quartiers. Ce train est
bien plus confortable que ce que j’imaginais. Nous occupons à
deux un compartiment de quatre couchettes. Nous aurons donc deux étages
: en bas le salon et en haut les chambres. Notre intérieur est
coquet : des petits rideaux à la fenêtre, des housses en
tissu pour recouvrir le skaï des banquette, une petite nappe sur
la tablette, un tapis au sol. Notre train, le Rossiya, démarre
: c’est le départ, le voyage dans le voyage. Dans le wagon,
notre groupe occupe six compartiments sur neuf. Nos provodnik et provodnitsa
veilleront sur notre confort pendant tout notre trajet jusqu’à
Irkoutsk. Nous nous préparons pour notre première nuit
à bord du Transsibérien. |
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