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Météo en harmonie avec notre humeur, pour ce jour de départ : maussade. Le ciel est bas et gris, les essuie-glaces du minibus qui nous emmène à l’aéroport balaient tristement les gouttes de pluie. Notre groupe s’est réduit : quelques uns jouent les prolongations à Pékin, les veinards. Pierre l’aventurier va passer la journée à crapahuter quelque part sur la Grande Muraille. Danièle et Alain ont un jour supplémentaire pour visiter la ville : du rab’ de photos et vidéo en perspective. Celles que nous n’appelons plus désormais que les Vamps, Raymonde et Marie, ne regagnerons leur Bourgogne que dans quatre jours : trop de bol ! Je repense aux deux dames que nous avons laissées à Moscou. Elles auraient eu sans doute beaucoup de mal à suivre jusque là, surtout celle des deux qui n’avait jamais voyagé auparavant. Nous avons franchi tout au long de notre parcours un nombre incalculable de « pièges à mamies » : la traversée du train jusqu’au wagon-restaurant, toutes les marches d’escalier pendant les visites de monuments et dans les hôtels et pour monter et descendre du train ou du bus, les toilettes dans la cabane au fond du jardin, le bateau sur le lac Baïkal, la charrette et les ponts en rondins à Terelj, et j’en passe… Ce voyage, assurément, n’est pas de tout repos ! Nous entamons sans enthousiasme les formalités préalables à l’embarquement : enregistrement des bagages, contrôles de sécurité. La salle où s’effectuent les contrôles est immense et noire de monde ; toutes les nationalités s’y côtoient, sur au moins quatre files d’attente qui serpentent, lentement mais sûrement, jusqu’aux portiques et tunnels à bagages. Mais Nicolas est retenu : il a dans son sac quelque chose qui ne plaît pas aux contrôleurs. Saint Nicolas, transformé cette fois en Saint Bernard, a conservé avec lui une bouteille de vodka entamée. Mais, une bouteille, c’est interdit. Peut-on la terminer sur place ? Ce serait tellement dommage de la jeter. Nous voilà réunis dans un coin du vaste hall, pour trinquer encore une fois : à nos futurs voyages ! Plus de dix heures d’avion pour le retour entre Pékin et Londres, ça va être long. Mais, quand on y pense, ce n’est rien en comparaison des sept jours de train pour l’aller. En plus, en classe éco, on est vraiment du bétail, aussi serrés que des sardines en boîte. Et puis mon voisin de devant est toujours vautré en position relax. Et puis il n’arrête pas de bouger et de secouer son dossier. Et puis ce gamin qui court dans le couloir en tapant des pieds, il peut pas arrêter ce raffut ? elle est où sa mère ? elle peut pas s’occuper de son gosse ? Et puis la télé ne propose que des films nuls, tout en anglais et même pas sous-titrés. Et puis la carte de navigation ne marche même pas : on sait pas où on est. Et puis la voisine côté hublot n’est jamais contente de ce qu’on lui sert à boire ou à manger. Et puis elle n’arrête pas de vouloir se lever : pour pouvoir aller faire pipi toutes les trois heures, elle n’avait qu’à demander une place côté couloir. Est-ce que je me lève, moi ? Malgré ces menus embarras, je ne vois pas le temps passer, grâce à mon petit carnet. J’ai pris pas mal de retard ces jours derniers. J’en profite pour repasser dans ma tête le film de ces derniers jours. Je recherche les moments marquants, que je choisis de coucher sur le papier. Finalement, le temps passe très vite : nous sommes déjà à Londres. Roissy, RER, Paris, gare Saint Lazare. Mon sac pèse
de plus en plus lourd, au moins deux ou trois tonnes. Heureusement,
la consigne est là pour nous soulager, le temps d’aller
reprendre quelques forces, pour un petit repas dans un petit resto des
abords de la gare : nous n’avons ni l’énergie, ni
le temps d’aller plus loin. Mais, y a pas de doute, on est bien
revenu en France. Avec sept heures de décalage horaire, la journée
se fait longue. Encore une dernière nuit de train et demain,
nous serons à la maison. Une nuit de sommeil agité, peuplé
de rêves étranges, dans un train à la fois ressemblant,
mais tellement différent des trains russes et chinois. Toulouse,
terminus du train. Cette fois, le voyage est terminé. C’est
bon de retrouver à la maison, avec tous mes petits. Merci Papa,
merci Maman, sans qui cette aventure n’aurait pas été
possible. Pour conclure, je ne peux que reprendre le slogan fétiche
de notre voyage : « Que du bonheur ! » |
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